Dans le premier arrondissement marseillais, le quartier Noailles, depuis quelques années et pour la première fois, est l'objet d'un processus de réhabilitation urbaine. Ici, les habitants et les usagers de ce quartier prennent la parole non pas seulement pour décrire ce territoire, travailler la complexité de son espace public mais aussi pour le simple plaisir des mots et du tracé : décrire en prononçant, en laissant sa marque sur du papier, décrire en illustrant. Se souvenir, imaginer... C’est donc en utilisant des supports variés que les personnes qui vivent ou traversent Noailles construisent un objet qui, grâce à leur propre expression, à leur juxtaposition, peut prétendre être culturel, mais aussi participer à un diagnostic sur l’état des espaces collectifs de ce petit périmètre urbain.
Rêver les rues et les places de leur quartier, en relever les potentiels, les difficultés, en dresser une petite ethnographie…c’est l’exercice auquel invitent les ateliers d’expression et de petite ethnographie réalisés grâce au soutien du Conseil Régional, du Conseil général et du CUCS, ateliers que vous pouvez rejoindre, ne serait-ce que par vos commentaires.
J’aime pas ce quartier. J’voudrais partir. Je me sens plus proche de la conception de la vie qu’ont les gens du Cours Julien-La Plaine. Je pensais que les gens étaient solidaires quand ils étaient dans la misère. Mais ce n’est pas vrai. C’est « Et moi, et moi, et moi ». Ici, c’est vraiment la misère, à se disputer pour un euro… Mais il y a aussi les épices - j’adore - ça change un plat, ça change la vie ; mais l’odeur de Noailles, c’est aussi la misère et la pauvreté de l’esprit. C’est la vie, ça grouille de monde, d’activité mais ça sonne parfois comme un requiem. Ce quartier est plein de facettes, ubuesques. C’est mieux de prendre du recul.