Dans le premier arrondissement marseillais, le quartier Noailles, depuis quelques années et pour la première fois, est l'objet d'un processus de réhabilitation urbaine. Ici, les habitants et les usagers de ce quartier prennent la parole non pas seulement pour décrire ce territoire, travailler la complexité de son espace public mais aussi pour le simple plaisir des mots et du tracé : décrire en prononçant, en laissant sa marque sur du papier, décrire en illustrant. Se souvenir, imaginer... C’est donc en utilisant des supports variés que les personnes qui vivent ou traversent Noailles construisent un objet qui, grâce à leur propre expression, à leur juxtaposition, peut prétendre être culturel, mais aussi participer à un diagnostic sur l’état des espaces collectifs de ce petit périmètre urbain.
Rêver les rues et les places de leur quartier, en relever les potentiels, les difficultés, en dresser une petite ethnographie…c’est l’exercice auquel invitent les ateliers d’expression et de petite ethnographie réalisés grâce au soutien du Conseil Régional, du Conseil général et du CUCS, ateliers que vous pouvez rejoindre, ne serait-ce que par vos commentaires.
Sur la placette, c’est vrai qu’il y a le problème des voitures. Il y a 60 à 70% des personnes qui se garent pour les achats. Ça on est d’accord, mais les autres viennent pour prendre un café, acheter une baguette ou simplement se garer là. Et on ne peut pas trier. Alors d’un côté ça nous arrange, de l’autre côté ça ne nous arrange pas parce que des fois ça fait vraiment bloc. Mais si on blâme tout le monde on est perdant. Or, nous, on ne dit pas « non » aux les gens qui viennent stationner pour faire les courses. Si c’est pour faire les courses, c’est normal : il y a des vieux, il y a des vieilles, il y a des gens qui achètent beaucoup. C’est très important pour le déroulement du commerce. Si c’est pour garer toute la journée devant un magasin, là je ne suis pas d’accord. Mais on ne peut pas savoir qui va venir acheter avec sa voiture et qui va venir s’installer pour prendre un café.
Au pire, on peut mettre des poteaux à partir des terrasses, et laisser un passage pour les camionnettes, alors quand on arrive, on se gare pour la livraison. Il faut la place pour trois camions, et quand l’un de nous a terminé de décharger, il peut partir en marche arrière. Donc il faut une seule voie avec un dégagement. Pour ça, il suffit de l’espace d’une largeur plus une allée pour trois camions, et une fois qu’on a déchargé, on va se garer ailleurs.