Mercredi 8 juillet 2009

Au royaume des saveurs, on compte :

 

11 paquets de sucre

37 paquets de farine de maïs

10 farines de blé

16 sauces graine Mama Africa

60 laits de coco

 

FRUITS

25 cocos

Amandes de Tunisie

37 prunes

49 mangues avion

9 papayes géantes

Bananes vertes

 

Fruits de saison :

Nectarines plates

Pêches plates

Abricots pays

Cerises…

 

Il y a aussi des légumes

 

Piments oranges

Piments rouges

Patates douces Egyptiennes

Patates douces du Brésil

Courges vertes

Laurier

 

 

Les tomates sont petites et un peu mûres

Les bananes sont vertes et moyennes

Les poivrons sont gros

Les pommes sont rouges

Les patates sont petites

Les concombres sont longs

Les avocats sont mûrs

 

 

Yasmine, Linda, Thouraya, Amelle…

Grâce à une visite organisée par Yasmine, avec nos remerciements !

Par Marie Sengel/Transverscité - Publié dans : petite ethnographie
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Mercredi 8 juillet 2009

 

 

La montagne d’ail est là

Une camionnette, une voiture rouge et trois parasols empêchent de voir le reste de la place

Un vendeur de Tamky est obligé de traverser la terrasse du snack pour accéder à la chambre froide

Il va y mettre deux cartons d’ananas et quatre cartons de choux blancs

Il ressort avec sept cagots d’abricots et deux de melons

Il retraverse le snack : « mangez des abricots !

Ils sont beaux ! Ils sont à combien ?

Un euros 90 je crois »

Et, se disant, il dépose sur la table une poignée de fruits orangés

Un diable de menthe le croise.

On hume, sans rien demander.

 

Un peu en retrait, quatre femmes âgées, asiatiques, sont assises depuis une heure au moins. Elles ont passé un moment à comparer leurs achats, en fouillant méticuleusement un feuillage violet-vert qui, c’est plus que probable, a un usage culinaire.

Elles ont toutes les quatre d’importants chapeaux de paille et lunettes de soleil. L’une d’elles se rafraîchit en secouant son éventail violet.

 

Une femme sur la place : tee-shirt noir, pantalon vert, long sautoir vert-amer scintillant

 

Un carton de citrons verts renversés à nos pieds !

Les citrons roulent par terre

L’employé les ramasse, et en voilà un, cadeau, pour un client du snack !

Il trône, en nature morte, quelques instants, sur la table - moment de gloire - et s’éclipse dans le sac.

 

Hélas, la voiture rouge s’en va, nous privant du passage du livreur et d’un jeu bien agréable.

Par Marie Sengel/Transverscité - Publié dans : petite ethnographie
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Mercredi 8 juillet 2009

 

 

 

Ici, c’est une place qui est pleine de boulot.

Il n’y a rien qui manque, à part une petite organisation au niveau des commerçants concernant la propreté et les voitures.

Des fois, il y a des bouchons, même entre eux, avec des klaxons…

Ils sont là à 6 heures, déjà ouverts pour étaler leurs produits et à sept heures, c’est bouché !

Ils ne peuvent plus déposer leur marchandise ou repartir, mais à ce moment, la place est encore propre et fraîche. Et il n’y a pas les jeunes qui viennent plus tard pour chahuter.

C’est à partir de midi que c’est une catastrophe !  

 

Je suis souvent là, toute la journée et le matin c’est le plus calme avec tout le monde qui vient faire ses commissions, avec le mouvement des commerçants qui se déplacent, avec Tamky qui sort les produits de la chambre froide. C’est le seul a en avoir une.

Les commerçants sont nombreux et ils se font une petite concurrence sur le prix mais chacun va de préférence chez les gens de son bled.

On remarque cette différence.

Ici, au snack, c’est un cousin, c’est de mon bled…

Chez le Kabyle, il n’y a que les kabyles, les siens, qui y vont.

Ce n’est surtout pas du racisme, c’est par rapport aux produits : on ne consomme pas partout les mêmes… Et on préfère donner à celui qu’on connaît !

C’est la même chose au Snack où tous les gens sont de la même région

Là-bas, c’est Tunisien, il y a des Tunisiens

Là-bas, c’est Algérien, il n’y a que des Algériens

C’est un soutien qu’on apporte

… Ou alors, on va chez les nôtres parce que parfois on n’a pas de sous pour prendre un café…

C’est social. Dans un autre café, vous vous asseyez, tout de suite on vient : « qu’est-ce que vous voulez ? » et on vous oblige à consommer.

 

Ce qu’on remarque, ce qui manque, c’est que c’est rare qu’il y ait un enfant. Il n’y a que mon enfant à moi qui vient, et il est turbulent ! Il s’amuse, en regardant, mais on a tous été enfants : on a besoin d’eux !

Le problème, aussi, c’est le manque de sanitaires, de toilettes publiques et de bancs, pour les gens qui viennent sans pouvoir consommer, mais qui voudraient s’installer ici, se reposer, s’asseoir, regarder, surtout les vieux

 

A part ça, il y a tout ici et c’est quotidien, tous les jours la même chose : les gens qui viennent faire les commissions, prendre un café au snack et discuter un peu.

 

Par Marie Sengel/ Transverscité - Publié dans : Les gens y voient...
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Mercredi 8 juillet 2009

(Mamma, Yves, Marie…)

 

 

Devant le magasin de fruits exotiques primeurs, le vendeur s’apprête à déballer les bananes d’Afrique pour ravitailler ses cagettes devant l’établissement…

Une dame vient d’arriver dans le rayon salade. Elle choisit. Le vendeur lui indique une autre qualité dans un cagot à côté.

Plus loin dans le magasin, un vendeur déballe les boîtes de conserve de fruits

Un troisième vendeur interroge le livreur sur le parcours qu’il va effectuer en scooter pour livrer un client.

 

De l’autre côté de la place, en face de l’abattoir de volailles, un employé décharge une camionnette. Vingt-et-une cagettes d’herbes aromatiques sont déjà posées sur une palette.

 

Au restaurant, des gens sont assis sur des chaises à l’intérieur

D’autres sont à l’extérieur.

Il y en a qui discutent, d’autres qui se reposent, lisent le journal, fument…

J’imagine : il y a un monsieur qui est fatigué, triste, il attend sa femme

Le restaurateur a beaucoup de travail, il est pressé, il est rapide.

Un veut l’eau

L’autre demande un café

L’autre attend pour payer et partir

 

Derrière le restaurant, un employé traverse la place avec un diable et quatre cagettes de coriandre.

Dans l’autre sens, vers le magasin, un diable de quatre cagettes de plantain suivi d’un autre diable vide (celui de la coriandre)

Deux policiers traversent la place : entrée-sortie.

 

Le bruit est agréable : mélange de voix proches et brouhaha plus lointain

Voitures qui démarrent doucement, ronronnement

Une radio de l’intérieur d’un commerce

D’autres bruits raisonnent : raclement d’une palette, son crevé de cartons pleins jetés les uns sur les autres depuis une camionnette, cartons vides balancés dans la poubelle etc…

 

Il y a maintenant 45 cagettes d’herbe aromatique déchargées. Elles sont là, presque oubliées, alors qu’il ne se passe plus rien autour d’elles.

Ça fait un vert nouveau sous l’ombre des arbres.

 

Le facteur arrive au snack : « Voilà mon ami » dit-il en tendant le courrier et constate : « Il n’y a pas de cadeau… ».

Le restaurateur s’installe, épluche son courrier, une cigarette dans la bouche et le portable à l’oreille.

Il est déjà reparti

 

Deux diables passent : six cagettes et encore quatre. Poireaux, herbes.

Dans tout ce vert, un tee-shirt violet relevé, vite disparu.

 

Une habitante est en arrêt au milieu de la place. Elle lit une lettre administrative avec des grimaces involontaires de la bouche. Son fils l’attend, adossé à un arbre.

Une maman, une poussette, trois enfants. Elle entre au Royaume des saveurs.

Une autre maman traverse la place sans rien regarder de ce qui l’entoure, le visage penché sur son enfant qu’elle tient par la main et avec lequel elle bavarde.

A l’étal, le vendeur fait une ou deux petites blagues aux enfants de la poussette pour les faire patienter

Un bruit fort : c’est un scooter qui prend la place pour un raccourci.

 

Un autre, en sens inverse, même bruit, même vitesse.

Le livreur est revenu, a rechargé, démarre avec deux cagettes de salade.

 

Un diable vide. Un autre, juste après.

 

Ils repassent : sept cagettes de salade et tomates.

Une odeur de menthe.

 

Le livreur au scooter vient de faire tomber ses salades.

« Tu ne sais pas attacher », dit le patron qui calmement lui montre comment faire.

 

Un diable vide

Un monsieur, tee-shirt bleu roi, avec un sac « TAMKY, Vingt ans », blanc et rouge.

Quatre cagettes de salades sur un diable

 

Une odeur d’essence ; le scooter du livreur démarre.

 

Au snack, à table, trois jeunes, deux casquettes, une paire de lunettes de soleil, trois verres d’eau ; deux font dodo, profondément.

 

Trois cartons de salades, deux de choux chinois.

 

Trois policiers a vélo et deux à pieds : le camion poubelle peut se frayer un passage

Le contrôle d’une voiture qui vient de stationner.

Les policiers sont sept maintenant. Ils rigolent avec une habitante et un commerçant

Un policier essaye sa sonnette : Kling, kling…

 

Un diable, cinq cartons de bananes

Le bruit du camion poubelle

Cinq cartons de poivrons, trois de salades

 

Un policier guide le camion poubelle pour qu’il puisse sortir

Il reste toujours des fruits et légumes – bouts de salade, tomates éventrées – tombés à terre.

 

Il y a, sur une palette, une montagne d’ail retenu par un film transparent.

On pense que si c’était pour une famille, elle en aurait de quoi en manger pour cent ans.

Il est 11h45

Nous partons avant de savoir ce qu’on fait de la montagne d’ail.

Il faut se faire une raison : on laissera toujours une observation inachevée, en cours, en vie, sur la place.

Par Marie Sengel/Transverscité - Publié dans : petite ethnographie
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Lundi 29 juin 2009

 

Tous les soirs, j’amène des sacs lourds.

Pain – Fraises – Légumes – Viande

Mes mains en sont devenues rouges.

 

J’achète des fruits et légumes, du jus…

J’ai des invités

Je marche rapidement

Ma fille est pressée

Elle a besoin de faire pipi

Mon fils a chaud, il y a trop de monde, il n’est pas content

Mon mari me téléphone, me dit qu’il a besoin de moi

J’ai poussé quelqu’un

J’ai demandé pardon

 

« Regarde ! Maman ! Achète-moi des fraises » dit Khiera

« De la pastèque » dit Zahra

…Ha ! …

 

Un monsieur bavarde au téléphone

Une fille avec un chien

C’est cher le marché !

Normalement, je marche à pied, pour la santé.

Mais là, j’ai acheté un panier plein, j’ai beaucoup de choses, beaucoup de sacs

Il y a une grève de métro

Je n’ai pas fait attention

C’est trop lourd

 

Le samedi, si tu arrives en retard au marché,

Tu ne peux pas choisir ce que tu veux

C’est le jour où tout le monde fait ses achats

 

Avant, je ne connaissais pas le quartier de la place Delacroix

Un jour, il y avait une fête pour les enfants, j’y suis allée

Quelqu’un est monté sur une montagne – pas une vraie – en mettant une ceinture

Il y avait de la danse

Les enfants s’amusaient beaucoup

J’ai pris plein de photos

Mais il y a eu une petite faute :

Mon mari avait acheté une belle trottinette pour ma fille

Je n’ai pas fait regardé, je parlais avec les mamans en buvant le café et un enfant a volé la trottinette.

Le lendemain, un autre jour, ailleurs, je faisais des courses et on m’a volé mon portable

Je n’ai pas gardé les photos en souvenir pour mes enfants.

Je n’aime pas ce quartier Delacroix.

Moi je vais à Noailles pour faire des courses. Ce n’est pas la même chose.

 

 

Ecriture réalisée à l'Association Destination Familles, 20 rue Jean Rocque, 13001

Par Marie Sengel Transverscité - Publié dans : petite ethnographie
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